
Démarche artistique
Décision ferme est prise de devenir peintre à l’âge de quinze ans.
Je choisis de partir aux Beaux-Arts de Bruxelles pour deux raisons principales : une admiration des Primitifs Flamands et la recherche d'une formation technique en dessin et peinture que les Beaux-Arts en France refusent de dispenser.
Avant de faire la section peinture, acquisition du certificat de dessin (3 ans) et technique picturale (un an) (pigments, liants, agglutinants, diluants, etc…)
De mon passage bruxellois, je retirais deux convictions fondamentales :
- être peintre est un métier
- la technique est une grande aide à la création, une liberté.
Après un début de carrière normal, (expositions diverses, salons parisiens (Automne, Artistes Français, etc…) le premier tournant a lieu en 1991. où je décide :
- de cesser les salons,
- de me séparer de mon agent pour incompatibilité avec le système artistique commercial français (production stéréotypée , direction « artistique » de mon travail, production industrielle )
- de faire une exposition thématique, conçue d’un trait (Venise) qui sera mon premier succès .
Ce tournant est fondamental.
A partir de se moment, je taille ma route organisant moi-même les expositions, en poursuivant ma réflexion artistique. Je me sépare du milieu artistique traditionnel. Peu à peu s’élabore ma pensée sur la peinture :
- l’Art est une épiphanie.Le problème de l’art est eschatologique : la première apparition de l’art (des galets enduits d’ocre) se trouve dans la première sépulture humaine connue (-60 000 ans)
- Si l’Art est une épiphanie, il est en relation directe avec les croyances d’une société. L’Occident a un Dieu incarné. Son art ne peut donc pas être parfaitement réaliste (ce serait refuser la part divine), ni abstrait (ce serait refuser la part incarnée). L’art occidental est donc figuratif, et non réaliste.
- Si l’art est une épiphanie, son expression doit être universelle. Donc intégrer le moins possible d’états d’âme particulier, d’expressions anecdotiques.
En 1997, la ville de Villeneuve-sur-lot me propose de réaliser une exposition. Ce sera le second grand tournant et la première de mes expositions-concept : l’Arche
La conception part de quelques idées simples Il ne s’agit plus d’une succession de tableaux, même thématiques, mais d’une exposition composée globalement où chaque peinture est un des éléments d’un tout , liés par une interdépendance comme des organes d’un même être. Cette idée ne me quittera plus.
- Un thème universel (le Déluge et l’Arche) qui permette à chacun (les enfants comme les intellectuels..) de se sentir concerné
Cela donnera un puzzle de 14 mètres de long sur 3,40 mètres de haut, sur une structure autoportante. Le succès sera important. L’Arche partira « en navigation » en France, Belgique et Luxembourg et un livre sera édité sur cette aventure.
En 2000, on me propose comme lieu d’exposition, une Chapelle du XIV° siècle. J’adapte la conception même de l’exposition à la topographie des lieux. Sept lieux sont facilement isolables : trois dans l’axe longitudinal, et quatre chapelles adjacentes . Chacun sera consacré à une idée : ce seront les Sept Vertus. Cette exposition, qui aura l’honneur d’être invitée par la ville d’Avila, capitale mystique de la Catholicité, marquera une étape de plus :
- la peinture est faite pour un lieu, un usage, retrouvant ainsi son rôle d’avant la Renaissance.
- Cette exposition voit apparaître le volume (colonne-sculpture), le décoratif (fond décoratif abstrait couvrant toutes les cimaises, sur lesquels viennent se placer les tableaux) ainsi que les autres arts (fontaine en céramique au centre)
- Pour réaliser tout cela, l’appel à d’autres compétences, et donc un travail en collaboration
En 2005, dans cette Chapelle, la troisième exposition-concept : les Jardins, pris comme expression du Paradis perdu. J’ai continué à approfondir la voie ouverte :
- Adaptation de l’expression à chaque sujet (presque abstrait pour le jardin japonais, flou pour le jardin anglais, tiré au cordeau pour le jardin à la française,etc…). Le peintre est au service du sujet, pas l’inverse.
- Poursuite de l’ouverture aux autre arts, aux volumes et au travail en collaboration
En 2007, quatrième et dernière exposition-concept : Le Jeu de l’Oie. Soixante trois tableaux représentant les soixante trois cases. Un seul sujet, un cheminement symbolique progressif. Pas possible de déplacer un seul tableau sans mettre à bas toute l’élaboration.Toujours les mêmes préoccupations.
- adaptation au lieu
- adaptation au sujet
- travail en collaboration
Pour résumer :
- peindre est un métier
- La voie choisie est aussi loin de la voie commerciale habituelle que de la voie de l’art officiel et institutionnel (art contemporain conceptuel). Il s’agit d’un chemin indépendant en accord avec les constantes de l’art depuis 50 000 ans. Cette indépendance se paie par une absence de reconnaissance des institutions comme des filières commerciales. Ce handicap actuel sera sa force.
- la technique, loin d’être une gêne, est une grande aide à la création. J’ai choisi une technique en glacis
- Le problème de l’art est eschatologique
- L’art occidental est figuratif, non réaliste.
- intégrer le moins possible d’états d’âme particulier, d’expressions anecdotiques.
- travailler sur des thèmes universels
- créer des ensembles où chaque peinture est un des éléments d’un tout, liés par une interdépendance comme des organes d’un même être.
- travailler en collaboration avec des artistes d’autres spécialités
- Avoir une peinture qui plastiquement concerne tout le monde
- la peinture est faite pour un lieu, un usage prècis
- adaptation de l’expression à chaque sujet, à chaque lieu. Le peintre est au service du sujet, et du lieu.
Les quatre expositions-concepts (l’Arche, les Vertus, les Jardins, et le Jeu de l’Oie) ont été éphémères. Quinze jours d’exposition et l’exposition disparaît par les ventes « au détail » et parce que je ne peux rester dans le lieu.
- l’art pour redevenir populaire doit redevenir visible du public
C’est pour parvenir à finaliser cette pensée que j’ai décidé, avec ceux qui m’entourent, la réalisation de « Favolus ». Tenter d’appliquer de manière pérenne et non plus éphémère l’ensemble d'une démarche artistique résultante de vingt cinq ans de pratique et de réflexions .
œuvre / éphéméride / curiosité / sommaire
Mon e-mail : peltier@favolus.com
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